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Un téléphone 5G sous le sapin en 2020 ?

Un téléphone 5G sous le sapin en 2020 - OneClick Prévention
08 décembre 2020
Actualités

La 5G : une technologie de rupture ?en 2020

Différence entre la 5G et la 4G - OneClick Prévention

1. Qu’est-ce que la 5G ?

La 5G est la cinquième génération de communication mobile, se présentant comme une technologie de rupture, ouvrant la porte à de nouveaux usages numériques, aussi bien pour le grand public que pour les entreprises. Cette technologie doit prendre le relais de la 4G, toujours en cours de déploiement en France en 2020, et s’ajoute aux réseaux mobiles 2G et 3G existants. Ce déploiement de la 5G s’inscrit dans un processus d’amélioration des communications depuis la 1G dans les années 1980.

2. Quelles différences entre la 4G et la 5G ?

La 5G doit permettre un saut de performance (débit, réactivité, densité d’objets connectés) par rapport à la 4G. La 5G va permettre d’obtenir des vitesses de connexion à Internet beaucoup plus rapides qu’en 4G (jusqu’à 10 fois supérieur), mais aussi une réactivité sans précédent qui permettra une réduction du délai de transmission. Avec la 5G, ce temps de réponse (appelée la latence) passerait de 10 à 1 ms. La dernière promesse majeure de la 5G est l’ultra connectivité, permettant une plus grande densité d’appareils connectés qu’en 4G. Et c’est l’un des arguments pour cette technologie, c’est-à-dire éviter la saturation du réseau 4G. La 5G sera donc plus élaborée en utilisant plus de fréquences et, à terme, des fréquences différentes de la 4G. Aujourd’hui, la 5G est déployée dans la bande des 3,5 gigahertz (GHz). Et, dans les années à venir, la bande de fréquences des 26 GHz sera également attribuée.

« Fini le rayonnement dans toutes les directions.
Place à la connexion ciblée ! »

3. En quoi les antennes 5G sont-elles différentes ?

Fini le rayonnement de l’antenne dans toutes les directions de manière constante pour couvrir une zone. Place à la connexion ciblée. Les faisceaux des antennes 5G seront orientables, on appelle cela le beamforming. Cette nouvelle génération, dite aussi active ou adaptative, orientera les signaux vers les appareils qui en ont besoin. Elles émettront donc de façon plus localisée en direction de l’utilisateur et seront capable de suivre ce dernier. Elles seront caractérisées par une portée plus réduite et une faible pénétration dans les bâtiments (les bandes de fréquences utilisées en 5G sont plus sensibles aux obstacles). Et cela sera d’autant plus valable pour les antennes 5G fonctionnant autour de 26 GHz.

Différence rayonnement entre antenne 4G et 5G - OneClick Prévention

A gauche, la 4G, qui envoie les ondes électromagnétiques dans toutes les directions de manière constante pour couvrir une zone. A droite, des antennes actives 5G, qui permettent de focaliser le signal radiofréquence sur l’utilisateur. Crédits : Arcep – 2020

La 5G : ce qui est vrai aujourd’hui !en 2020

1. La 5G présente-t-elle un risque pour la santé ?en 2020

C’est la question que tout le monde se pose et des voix s’élèvent pour dénoncer des incertitudes concernant l’impact de la 5G sur la santé. Ce qui est vrai en 2020 :

  • La 5G sera soumise aux mêmes limites d’exposition réglementaires que les autres technologies (2G, 3G et 4G) et les installations seront soumises aux mêmes règles d’installation.
  • Le gouvernement a reçu et publié en septembre un rapport réalisé par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF).
Risque pour la sante 5G - OneClick Prévention

Ce rapport reprend les conclusions connues des études sur les effets des radiofréquences sur la santé  :

  • Il n’existe pas d’effets néfastes avérés à court terme en dessous des valeurs limites d’exposition réglementaires.
  • Les éventuels effets de long terme, cancérogènes ou non, sont à ce stade non avérés.
  • Il n’a pas été démontré de lien de causalité entre ondes électromagnétiques et hypersensibilité électromagnétique des personnes.

MAIS…

2. Où en est-on du déploiement de la 5G ?en 2020

15 901. Voilà, sur le papier, le nombre de sites autorisés en France à émettre en 5G au 04 décembre 2020. C’est l’Agence nationale des fréquences (ANFR), dont les missions incluent la gestion des bandes de fréquences et le suivi des implantations des stations au sol, qui a communiqué ce nombre. Mais dans les faits, les installations 5G qui sont véritablement en fonctionnement à 3,5 GHz sont nettement moins nombreuses. On compte 1092 sites dans cette nouvelle bande permettant le ultra haut débit, dont les licences ont été attribuées aux opérateurs par l’ARCEP le 12 novembre 2020. Les enchères pour la bande 26 GHz ne sont pas encore prévues et ne devraient pas intervenir avant 2 ou 3 ans.

« Plus de 90% des sites autorisés à émettre en 5G utilise les antennes et les fréquences déjà utilisées pour la 4G. »

3. Vrai ou fausse 5G ?en 2020

Plus de 90% des sites autorisés à émettre en 5G par l’ANFR utiliseront les antennes et les fréquences déjà utilisées pour la 4G. En l’occurrence les bandes 700 MHz et 2,1 GHz. C’est un tour de passe-passe trouvé par les opérateurs pour déployer leur réseau 5G le plus vite possible. Cette astuce est totalement légale, validée par l’ARCEP et l’ANFR. Le problème est que cette 5G n’apporte pas les bénéfices promis par la « vraie » 5G. Donc la 5G comme une technologie de rupture ne le sera pas pour tout de suite. Aujourd’hui, il n’y a donc pas une valeur ajoutée très différenciante et, certains, qui la trouveront au pied du sapin, risquent d’être déçus en constatant que le débit promis n’est pas au rendez-vous. Ne serait-il pas bien avisé de retarder peut-être l’achat d’un smartphone 5G ou d’attendre avant de sauter sur le premier forfait 5G venu ?

Pour voir avec précision, dans un territoire donné, concernant la situation du déploiement de cette nouvelle technologie et voir si vous bénéficiez de la “vrai” ou de la “fausse” 5G, vous pouvez vous rendre sur le site cartoradio.fr.

Carte déploiement 5G en 2020 - OneClick Prévention

De gauche à droite : les sites 5G autorisés en 700 MHz, en 2,1 GHz et en 3,5 GHz. L’étendue n’est pas du tout la même. Crédits : ANFR – 2020

La 5G : ce qui sera vrai demain !

Antennes 4G et 5G - OneClick Prévention

1. Le nombre d’antennes mobiles va-t-il être démultiplié avec la 5G ?

La réponse est : OUI.
Comme nous l’avons vu précédemment, pour introduire la technologie 5G, les opérateurs s’appuient, dans un premier temps, sur le réseau 4G existant, réseau qui d’ailleurs continue à s’agrandir chaque année. Ce qui change la donne, c’est que la 5G utilise des fréquences différentes de celle de la 4G. Donc, il y a besoin de nouvelles antennes pour utiliser ces nouvelles fréquences. De plus, ces nouvelles antennes 5G émettent moins loin. Donc, il y aura également un besoin de plus d’antennes, si l’on souhaite disposer de la même couverture que celle de la 4G.

Dans les années à venir, la 5G va utiliser les ondes millimétriques (autour de 26 GHz). Des ondes avec une portée encore plus courte, de seulement quelques centaines de mètres. Ces nouvelles antennes de petites tailles, dites small cells, peuvent parfaitement s’intégrer dans le mobilier urbain, comme un lampadaire, un abribus ou un panneau publicitaire. On peut supposer que dans les villes, cela nécessiterait donc l’installation d’encore plus d’antennes, avec l’avantage d’être moins puissante et plus performante tout en diminuant les niveaux de champ liés à leurs rayonnements. Le risque de ce déploiement pourrait alors accoucher d’une nouvelle fracture numérique entre les villes et les campagnes.
Remarque: Tout comme les enchères liées à la bande 26 GHz, les conditions réglementaires d’installation de ces small cells sont encore à préciser.

Portée antennes 5G - OneClick Prévention

A gauche, l’installation de nouvelle antenne 5G fonctionnant dans la bande 3,5 GHz. A droite, l’illustration de la portée des trois bandes de fréquence attribuée à la 5G. Crédits : ARCEP – 2020

2. Est-ce que la 5G aura pour conséquence une augmentation des niveaux d’exposition ?

La réponse est : OUI.
L’utilisation de nouvelles bandes de fréquences augmente mathématiquement les expositions. Cumulée à l’exposition aux ondes électromagnétiques générée par les réseaux 2G/3G/4G, l’ajout de la 5G aura forcément pour conséquence d’augmenter l’exposition globale. L’arrivée de la 4G a augmenté, par exemple, l’exposition de moins de 20 % en moyenne.

Cependant l’exposition d’une personne au rayonnement des antennes 5G est différente de celles des autres réseaux 2G/3G/4G. Ce type d’antennes émettent de façon plus localisée vers les utilisateurs au lieu de rayonner dans toutes les directions de manière constante. Elles permettent ainsi une moindre exposition aux ondes électromagnétiques en absence de communication, mais une exposition plus grande dans le faisceau de l’antenne, lors de l’appel de données réalisé par votre smartphone. Le niveau d’exposition dépendra donc fortement de l’usage que l’on va faire de cette nouvelle technologie. Le suivi du niveau d’exposition et les dispositifs de surveillance devront s’adapter à ces nouvelles antennes adaptatives et à ces nouveaux usages.

« Le suivi du niveau d’exposition du public devra s’adapter aux nouvelles antennes adaptatives 5G. »

Mais la 5G… il y a toujours un mais !

1. Il n’y a pas une 5G mais deux 5G, aux effets potentiellement différents ?

Comme décrit précédemment, la technologie 5G repose sur des fréquences déjà utilisées par les réseaux actuels 2G/3G/4G, mais aussi sur de toutes nouvelles fréquences : la bande 3,5 GHz, et, la bande 26 GHz qui sera utilisée dans un second temps.

MAIS…

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a mis en évidence dans un rapport préliminaire un manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires dans les bandes de fréquences utilisées par la 5G. Les travaux existants portent sur l’exposition à la téléphonie mobile des réseaux 2G/3G/4G, et aux signaux Wi-Fi à 2,45 GHz.

Santé et 5G - OneClick Prévention

« Peu de publications ont étudié les effets d’exposition à des fréquences comprises entre 3 et 6 GHz », relève l’Anses. De même, les données de la recherche sur les fréquences les plus élevées, entre 20 et 60 GHz, sont encore peu nombreuses. L’agence sanitaire devrait bientôt éclaircir ce sujet et rendre un rapport au premier trimestre de 2021. Cette expertise finale de l’ANSES devra déterminer s’il est possible ou non de prendre en compte les résultats des études obtenus dans les bandes des fréquences déjà utilisées (2G/3G/4G) ou dans des bandes proches de celles utilisées par la 5G, et s’il est possible d’extrapoler les résultats obtenus dans les bandes de fréquences de la nouvelle technologie.

2. Quelle est la réponse du Gouvernement face aux inquiétudes portant sur la 5G ?

Face aux craintes et polémiques suscitées par le déploiement de la 5G en France, le gouvernement veut renforcer les contrôles d’émission des ondes. Il y aura l’an prochain 10 000 contrôles réalisés sur le niveau des ondes électromagnétiques, trois fois plus qu’en 2020, dont la moitié porteront sur la 5G. C’est ce qu’a assuré le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O dans un entretien au Journal du Dimanche, en ajoutant «dans ces conditions, le gouvernement assume son déploiement ».

MAIS…

La nouvelle technologie 5G modifie les modalités d’exposition de la population, et nécessite d’adapter les méthodes de mesure et d’évaluation. Aujourd’hui, le protocole de mesure, définie par l’ANFR pour vérifier le respect des niveaux de référence pour les champs électromagnétiques, commence par une évaluation globale en utilisant une mesure large bande. Or, avec les antennes à faisceaux orientables de la 5G, une plus grande variabilité spatiale et temporelle est prévisible et le niveau relevé par une mesure large bande à un moment quelconque pourrait ne plus constituer un bon indicateur de l’exposition. Alors, quelle valeur peut-on donner aux mesures plébiscitées par Cédric O si celle-ci ne prend pas en compte la spécificité des signaux 5G ?
Cette interrogation est également valable pour le nouveau dispositif de surveillance mis en place par l’ANFR à proximité d’antennes 5G qui utilisent des capteurs large bande. Cet observatoire des ondes ne permettra que de mesurer le niveau moyen d’exposition en l’absence de trafic sur ces antennes 5G ! Il y a donc urgence à définir de de nouveaux indicateurs d’exposition tenant également compte de l’usage lié à cette nouvelle technologie.

« La 5G nécessite d’approfondir les méthodes de mesures et de préciser les limites sanitaires à adopter. »

Alors, que faire ? Attention aux effets d’annonce et de communication des opérateurs avec leur offre 5G en cette fin d’année 2020. Attention aux effets d’annonce et de communication de la part du gouvernement et des agences spécialisées qui veulent rassurer la population sur le déploiement de la 5G. Ces mises en garde peuvent sans doute paraître superfétatoires. Cependant, la plus grande focalisation des antennes 5G, les nouvelles gammes d’ondes utilisées nécessitent d’approfondir les méthodes de mesures et de préciser les limites sanitaires à adopter.
Pour ne pas sombrer dans les théories du complot, le conseil de oneclick Prévention est de rester attentifs aux recherches scientifiques en la matière et à l’expertise de l’ANSES sur le sujet, et attendre les mises à jour du dispositif de surveillance des niveaux d’exposition du public aux ondes électromagnétiques de l’ANFR.
Et, surtout, Oneclick Prévention vous conseille de faire preuve de bon sens. Cela passe tout simplement par faire bon usage de son téléphone portable, comme éviter de passer des heures en communication cloué à l’oreille, ou d’éviter de le porter dans la poche de son pantalon ou de sa veste (voir ci-dessous dans l’encadré « en savoir plus » le rapport de l’ANSES : « Téléphones mobiles portés près du corps et santé »).

Pour en savoir plus

Rapport IGAS : Rapport sur les aspects techniques et sanitaires du déploiement de la 5G, Septembre 2020.

Rapport ANSES : Rapport intermédiaire relatif à l’exposition de la population aux champs électromagnétiques liée au déploiement de la technologie de communication 5G et aux effets sanitaires associés, Octobre 2019.

Rapport ANSES : Rapport d’expertise concernant les téléphones mobiles portés près du corps et la santé, Juillet 2019.

Protocole de mesure ANFR : Protocole de mesure constituant le texte de référence des laboratoires accrédités qui réalisent des mesures sur le terrain, version 4.1 – Juillet 2019.

A propos de OneClick Prévention :
OneClick Prévention aide et accompagne les entreprises et les collectivités dans la maîtrise de leurs risques électromagnétiques. Entreprise indépendante, OneClick Prévention a une expertise reconnue en prévention des risques électromagnétiques, incluant audit, mesure, conseil et formation.

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